Profession médicale · Bac+6

Devenir pharmacien : études, salaire et débouchés

Le pharmacien est l'expert du médicament. Il dispense, conseille, prévient les interactions et veille à la sécurité de l'usage des produits de santé. Une profession médicale polyvalente qui ouvre 5 portes : officine, industrie pharmaceutique, hôpital, recherche, biologie médicale. 6 ans d'études via PASS ou LAS, salaires solides.

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Profession médicale
L'expert
du médicament.
Études
6 ans
PASS/LAS + 5 ans en faculté de pharmacie
Salaire net (médian)
3 200 €
par mois en officine adjoint après 5 ans
Sélection PASS
~7 %
de places en pharmacie
Facultés de pharma
24
UFR de pharmacie en France
En France
75 000
pharmaciens en exercice
Officines
21 000
officines dans toute la France

En quoi consiste le métier de pharmacien ?

Le pharmacien est un professionnel de santé spécialiste du médicament. Sa mission centrale est de garantir le bon usage des produits de santé : dispensation des ordonnances, conseil aux patients, prévention des interactions médicamenteuses, vaccination, dépistage, accompagnement des pathologies chroniques.

C'est l'un des métiers les plus polyvalents du secteur médical : un même diplôme ouvre l'accès à 5 mondes professionnels très différents : l'officine, l'industrie pharmaceutique, l'hôpital, la biologie médicale, la recherche.

Au quotidien en officine

  • Dispensation — analyse des ordonnances, vérification des dosages, contrôle des interactions médicamenteuses.
  • Conseil de premier recours — pour les patients sans ordonnance (rhume, douleurs, allergies, plaies).
  • Vaccination — depuis 2019, le pharmacien peut vacciner contre la grippe, le COVID, le HPV, la coqueluche.
  • Dépistage — tests rapides (angine, COVID, diabète) et orientation vers le médecin si besoin.
  • Accompagnement des pathologies chroniques — entretiens pharmaceutiques pour diabète, asthme, AVK.
  • Gestion administrative — télétransmissions, tiers payant, commandes, gestion d'équipe.

Les études : 6 ans en faculté de pharmacie

Le parcours pour devenir pharmacien est de 6 ans après le bac : 1 an de PASS ou LAS pour la sélection, puis 5 ans en faculté de pharmacie.

Année 1 : la sélection PASS ou LAS

Comme pour les autres filières MMOPK, l'accès passe par PASS ou LAS. La sélection en pharmacie est moins drastique qu'en médecine ou odontologie : environ 7 % des étudiants en PASS y accèdent. C'est généralement le rang 30-40 % qui ouvre l'accès, contre rang 5-10 % pour la médecine.

Années 2 à 6 : la faculté de pharmacie

Le programme combine : sciences fondamentales (chimie, biochimie, biologie), enseignements pharmaceutiques (pharmacologie, pharmacognosie, galénique, toxicologie), stages cliniques en officine et en hôpital.

À partir de la 4ᵉ année, l'étudiant choisit sa filière de spécialisation : officine (la plus choisie, 80 %), internat (industrie, hôpital, biologie médicale, innovation pharmaceutique), recherche.

Internat de pharmacie (4 ans après la 4ᵉ année)

Concours national très sélectif (~1 000 places). Donne accès aux fonctions hospitalières (PUI, biologie médicale), à l'industrie pharmaceutique haut niveau et à la recherche. Cursus total avec internat : 9 ans.

Combien gagne un pharmacien ?

Les revenus varient énormément selon le secteur d'exercice. L'industrie pharmaceutique et la titularité d'une officine offrent les meilleures rémunérations.

ProfilSalaire net mensuelConditions
Pharmacien adjoint débutant2 800 €Officine, sans ancienneté
Pharmacien adjoint 5 ans3 200 €Officine, convention collective
Pharmacien titulaire 5 ans6 000 €Petite/moyenne officine
Pharmacien titulaire 15 ans8 000-10 000 €Grosse officine établie
Hospitalier (PH)3 500-7 000 €Selon échelon
Industrie pharmaceutique débutant3 500-4 500 €R&D, AMM, assurance qualité
Industrie 10 ans (cadre)6 500-9 000 €Manager, directeur médical
Biologiste médical5 000-8 000 €Laboratoire de biologie

5 débouchés possibles après le diplôme

1. L'officine (75 % des pharmaciens)

L'exercice classique en pharmacie de proximité. Possibilité d'être adjoint salarié, ou de devenir titulaire (propriétaire) après quelques années. L'officine reste un secteur très demandeur : la France compte 21 000 officines pour seulement environ 30 000 pharmaciens titulaires.

2. L'industrie pharmaceutique (10 %)

Recherche & développement, affaires réglementaires (AMM, dossiers d'enregistrement), assurance qualité, marketing pharmaceutique, information médicale, pharmacovigilance. Excellents salaires, missions internationales possibles.

3. L'hôpital (10 %)

Pharmacien des hôpitaux (PH), gérant la PUI (pharmacie à usage intérieur). Mission : sécurité de la dispensation hospitalière, préparations magistrales (chimiothérapies, nutrition parentérale), pharmacie clinique au lit du patient.

4. La biologie médicale (3 %)

Après l'internat de pharmacie, possibilité de devenir biologiste médical en laboratoire d'analyses. Exercice mixte avec les médecins biologistes.

5. La recherche & l'académique (2 %)

Recherche fondamentale ou appliquée en université, INSERM, CNRS. Doctorat de pharmacie + thèse de sciences. Voie minoritaire mais passionnante.

Journée type d'un pharmacien d'officine

Voici la journée d'un pharmacien titulaire de 41 ans, installé dans une officine de quartier à Nantes depuis 9 ans, exerçant avec deux pharmaciennes adjointes et trois préparatrices.

8 h 30
Ouverture et préparation

Allumage des systèmes informatiques, vérification des stocks, mise en rayon des produits livrés la veille (vente libre, parapharmacie). Briefing de 10 minutes avec l'équipe sur les promotions du jour, les recalls de lots, les patients VIP attendus.

9 h - 12 h 30
Comptoir et conseil

Pic du matin : 80-100 patients passent à l'officine. Délivrance d'ordonnances, conseil OTC (médicaments sans ordonnance), vaccination grippale d'une retraitée, dispensation d'un nouveau traitement antidépresseur (entretien pharmaceutique de 15 minutes), test rapide de l'angine pour un enfant fiévreux.

12 h 30 - 14 h
Pause et gestion administrative

Pause d'une heure trente, déjeuner avec un confrère du quartier. 30 minutes de gestion : commande de produits manquants au grossiste, télétransmission des feuilles de soins, lecture des nouvelles AMM (autorisations de mise sur le marché) parues, gestion des congés des préparatrices.

14 h - 17 h 30
Comptoir et entretiens

60-80 patients en après-midi. Plus de temps pour les entretiens pharmaceutiques approfondis : suivi d'un diabétique de type 2 (vérification glycémie capillaire, conseils alimentaires), accompagnement d'une jeune mère sur l'allaitement, prescription de produits dermatologiques pour eczéma.

17 h 30 - 19 h 30
Fermeture et gestion

Pic de fin d'après-midi (sortie du travail). Vers 19 h, fermeture progressive : caisse, rangement, préparation des commandes des laboratoires pharmaceutiques pour les médicaments non remboursés, validation des heures de l'équipe, planification de la semaine suivante.

Cette journée correspond à une officine de quartier à activité moyenne. En officine de centre commercial, le rythme est plus soutenu (jusqu'à 250 patients/jour en pic). En pharmacie hospitalière, l'activité est très différente : préparation de chimiothérapies à la hotte, gestion du circuit du médicament dans les services, entretiens pharmaceutiques avec patients hospitalisés.

L'achat d'une officine : un investissement stratégique

Devenir pharmacien titulaire en achetant une officine est l'objectif de la majorité des pharmaciens diplômés. Voici comment fonctionne ce marché spécifique en France.

Le prix d'une officine

Le prix d'une officine se calcule sur son chiffre d'affaires annuel, multiplié par un coefficient qui varie selon plusieurs critères :

  • Coefficient 0,8 à 1,0 pour une officine moyenne en zone urbaine standard
  • Coefficient 1,0 à 1,2 pour une officine en zone touristique ou centre commercial dynamique
  • Coefficient 1,2 à 1,5 pour une officine prestigieuse (Paris intra-muros, centres-villes des grandes métropoles)
  • Coefficient 0,5 à 0,7 pour une officine en difficulté ou zone rurale en déprise

Pour un chiffre d'affaires médian de 1,5 million d'euros, le prix s'établit donc entre 1,2 et 1,8 million d'euros. Les très grosses officines (centres commerciaux haut de gamme) peuvent atteindre 5 à 8 millions d'euros.

Le financement bancaire

Les banques pharmaceutiques spécialisées (Crédit Agricole Pharma, BPCE Pharma, Crédit Mutuel Pharmaciens) financent généralement 80 à 95 % de l'achat, sur 12 à 15 ans, à des taux préférentiels (souvent 0,5 à 1 % en dessous des taux standards). L'apport personnel demandé est de 5 à 20 % selon les profils. Le pharmacien doit également souscrire une assurance perte d'exploitation et une assurance homme-clé.

La rentabilité économique

Une officine bien gérée génère un résultat net compris entre 10 et 18 % du chiffre d'affaires annuel. Sur une officine à 1,5 million d'euros de CA, cela représente 150 000 à 270 000 € de bénéfice avant impôt. Après remboursement de l'emprunt (typiquement 100 000 à 150 000 €/an pendant les 12 premières années), il reste 50 000 à 120 000 € disponibles annuellement pour le titulaire — d'où la fourchette salariale de 6 000-10 000 €/mois sur les premières années, et beaucoup plus une fois l'emprunt remboursé.

Les évolutions du marché

Le marché de la pharmacie d'officine connaît plusieurs évolutions structurelles : concentration progressive (les "très grosses" officines gagnent des parts de marché), développement des services (vaccinations, dépistages, entretiens pharmaceutiques rémunérés), concurrence des e-commerces (parapharmacie en ligne notamment), déserts pharmaceutiques dans certaines zones rurales. La rentabilité des nouvelles installations est un peu plus tendue qu'il y a 20 ans, mais la France reste l'un des pays européens les plus protecteurs pour la pharmacie d'officine (numerus clausus territorial, monopole des produits remboursés).

Le pharmacien dans l'industrie pharmaceutique

Environ 10 % des pharmaciens français travaillent dans l'industrie pharmaceutique (Sanofi, Servier, Pierre Fabre, Boiron, et les filiales françaises de Big Pharma). Plusieurs métiers s'offrent à eux.

Les Affaires Réglementaires

Préparation et soumission des dossiers d'AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) auprès de l'ANSM (France) et de l'EMA (Europe). Métier très réglementé, bilingue français-anglais obligatoire. Salaires : 3 500-5 500 €/mois début, 6 500-9 000 €/mois en cadre senior après 10 ans.

L'Information Médicale et la Pharmacovigilance

Réponse aux questions des professionnels de santé sur les médicaments, recueil et analyse des effets indésirables. Métiers en plein développement avec l'arrivée des biothérapies et des thérapies géniques. Salaires : 3 200-5 000 €/mois début, 5 500-8 000 €/mois confirmé.

La Recherche & Développement

Participation aux essais cliniques (phase I, II, III), galénique, formulation, contrôle qualité. Souvent associé à un doctorat de pharmacie + thèse de sciences. Salaires : 3 800-6 000 €/mois début, 7 000-12 000 €/mois en directeur de projet.

Le Marketing Pharmaceutique

Stratégie de lancement d'un nouveau produit, positionnement vs concurrents, formation des forces de vente, négociations avec les autorités de santé. Métier très bien rémunéré : 4 500-7 000 €/mois début, 8 000-15 000 €/mois en directeur marketing produit.

L'Information Médicale Terrain (visite médicale)

Présentation des produits aux médecins prescripteurs et aux pharmaciens d'officine. Métier en forte transformation depuis les nouvelles régulations LFSS, mais qui reste une porte d'entrée fréquente. Salaires : 3 500-5 500 €/mois fixe + variable, voiture de fonction.

Les réalités méconnues du métier de pharmacien

Le pharmacien est d'abord un commerçant

Une officine est avant tout une entreprise commerciale. Au-delà de la dimension scientifique et de santé publique, le pharmacien titulaire passe une grande partie de son temps à gérer : approvisionnement, gestion de stocks, marketing, ressources humaines, comptabilité, fiscalité, négociations avec les laboratoires. Cette dimension entrepreneuriale séduit certains profils mais en rebute d'autres, qui privilégient alors l'industrie ou l'hôpital.

La concurrence des chaînes et de l'e-commerce

Le monopole pharmaceutique français protège les officines pour les médicaments remboursés. Mais la parapharmacie (compléments alimentaires, cosmétiques, dermo-cosmétique) est désormais en libre concurrence avec les sites e-commerce et les chaînes spécialisées (Marionnaud, Sephora pour la dermo). Les officines doivent investir dans l'expérience client, le conseil personnalisé, la fidélisation.

Le rôle de "premier recours" se renforce

Avec la pénurie de médecins généralistes, les pharmaciens deviennent de plus en plus le premier recours médical : vaccination, dépistage, conseil pour pathologies bénignes, suivi de pathologies chroniques. C'est une opportunité pour valoriser le métier mais aussi une responsabilité accrue, qui demande de la formation continue (en moyenne 30-50 heures par an).

Le burn-out touche aussi les pharmaciens

Le métier de pharmacien d'officine est physiquement exigeant (debout 8-10 heures par jour) et mentalement chargé (vérification permanente des prescriptions, gestion d'équipe, contraintes administratives). Les enquêtes professionnelles montrent qu'environ 15 % des pharmaciens d'officine déclarent un burn-out modéré à sévère, principalement les titulaires sur les 5 premières années post-installation.

La transmission est un enjeu sociétal

La majorité des pharmaciens titulaires actuels ont 50-60 ans. Dans les 10 prochaines années, environ 15 000 officines vont changer de main. C'est une opportunité gigantesque pour les jeunes pharmaciens — à condition de bien évaluer la valeur de l'officine cible et de négocier finement avec le cédant.

Témoignage : Léa, pharmacienne d'officine à Nantes

Voici le témoignage de Léa, 34 ans, pharmacienne titulaire d'une officine à Nantes depuis 4 ans, après 6 ans d'exercice en tant qu'adjointe. Elle a racheté son officine pour 1,1 million d'euros à un confrère partant en retraite.

« Je suis arrivée à la pharmacie un peu par hasard. Au départ, je voulais médecine, j'ai raté ma PASS deux fois. La pharmacie n'était pas mon premier choix mais avec le recul, je remercie cet échec. J'ai adoré mes 5 ans à la fac de pharmacie de Nantes : moins de pression que médecine, plus de chimie et de biologie, beaucoup de variété. Mes 6 ans en officine adjointe m'ont permis de tester plusieurs cabinets et de comprendre comment fonctionne le métier. À 30 ans, j'ai eu l'opportunité de racheter l'officine où je travaillais. Le banquier m'a financé 1 million sur 12 ans, mes parents ont apporté 100 000 € de garantie. Aujourd'hui à 34 ans, je gère 2 adjointes et 3 préparatrices, je gagne 6 500 €/mois après remboursement de l'emprunt, j'ai créé mon propre rythme professionnel. Le métier est exigeant mais passionnant : je vaccine, je conseille, j'accompagne des patients chroniques que je connais depuis des années. La dimension entrepreneuriale me plaît énormément — je n'aurais pas pu rester salariée toute ma vie. Mon conseil aux étudiants : ne sous-estimez pas la dimension business du métier. Si vous détestez gérer des comptes ou une équipe, l'industrie pharmaceutique sera plus adaptée pour vous. »

Le métier de pharmacien à l'international

Suisse : revenus exceptionnels en officine

Les pharmaciens d'officine suisses gagnent 10 000 à 18 000 CHF/mois (10 600 à 19 100 €) en titularité. Forte demande, conditions de travail excellentes, patients solvables. Reconnaissance du diplôme français via la MEBEKO. Plusieurs centaines de pharmaciens français exercent dans les cantons frontaliers (Genève, Vaud, Bâle).

Belgique et Luxembourg

Reconnaissance directe du diplôme français. Salaires d'adjoint en Belgique : 3 000-4 500 €/mois. Au Luxembourg : 5 000-7 000 €/mois. Le marché de l'officine luxembourgeois est l'un des plus protégés et rentables d'Europe (numerus clausus très strict, peu d'officines pour une population aisée).

Royaume-Uni : boom post-Brexit

Le NHS et la grande distribution (Boots, Lloyds, Tesco) recrutent activement des pharmaciens. Salaires : 35 000 à 70 000 £/an (42 000 à 83 000 €). Reconnaissance via le General Pharmaceutical Council (GPhC). Test linguistique IELTS C1 requis.

Canada : selon les provinces

Au Québec, équivalence partielle puis examen de l'Ordre des pharmaciens. Salaires : 90 000 à 150 000 CAD/an (62 000 à 105 000 €). Hors Québec (Ontario, Colombie-Britannique), les démarches sont plus complexes mais les revenus encore plus élevés.

Émirats Arabes Unis

Forte demande dans les hôpitaux privés et chaînes de pharmacies de Dubaï/Abu Dhabi. Revenus : 4 500 à 9 000 €/mois nets d'impôts. Contrats généralement de 3-5 ans avec logement fourni. Population française expatriée nombreuse.

Évolutions de carrière du pharmacien

Le diplôme de pharmacien ouvre de très nombreuses portes au-delà du comptoir d'officine. Voici les principales évolutions documentées en 2026.

De salarié(e) à titulaire d'officine

L'évolution la plus classique. Après 3 à 8 ans d'exercice en tant qu'adjoint(e), un pharmacien peut racheter une officine. Le marché est porteur (15 000 cessions prévues dans les 10 prochaines années). Les cabinets de courtage spécialisés (Interfimo, Pharmétudes, Fiducial) accompagnent gratuitement les acquéreurs et facilitent les négociations.

Vers la pharmacie hospitalière

Après l'internat de pharmacie hospitalière (4 ans après la 4ᵉ année de fac), le pharmacien hospitalier devient praticien hospitalier (PH). Il gère la PUI (Pharmacie à Usage Intérieur) : préparations magistrales (chimiothérapies, nutrition parentérale), pharmacie clinique au lit du patient, gestion du circuit du médicament hospitalier. Salaires : 4 000 à 8 000 €/mois selon échelon.

Vers l'industrie pharmaceutique

Plusieurs métiers accessibles : Affaires Réglementaires (préparation des dossiers d'AMM auprès de l'ANSM et de l'EMA), Pharmacovigilance (recueil et analyse des effets indésirables), Information Médicale, Recherche & Développement, Marketing pharmaceutique, Visite médicale. Salaires : 4 000-15 000 €/mois selon ancienneté et fonction.

Vers la biologie médicale

Après l'internat de pharmacie option biologie médicale (4 ans), le pharmacien devient biologiste médical. Il exerce en laboratoire d'analyses médicales (LBM), en biologie hospitalière, ou comme biologiste responsable d'un plateau technique. Salaires libéraux : 5 000 à 10 000 €/mois.

Vers la recherche académique

Après un Master 2 + Doctorat de sciences (Pharm. D. + Ph.D., 4-5 ans après la fac), possibilité de devenir enseignant-chercheur (MCU-PH ou PU-PH). Combinaison enseignement / recherche / clinique. C'est la voie noble du métier mais réservée aux profils les plus scolaires.

Vers la création d'entreprise (HealthTech)

Quelques pharmaciens entrepreneurs créent leur propre entreprise dans la HealthTech : applications de santé, plateformes de téléconsultation, start-ups galéniques, e-commerce de parapharmacie. La double compétence "santé + business" est très recherchée par les investisseurs.

Vers les organismes de santé publique

Quelques pharmaciens (souvent avec un Master de santé publique en complément) rejoignent l'ANSM, Santé Publique France, l'ARS, l'OMS, ou des cabinets de conseil spécialisés en santé. Salaires : 4 500 à 8 000 €/mois dans les administrations, jusqu'à 12 000-15 000 € en cabinets de conseil.

Trois autres parcours pharmaceutiques : industrie, hôpital et innovation

Yann, 38 ans — pharmacien hospitalier au CHU de Strasbourg

« J'ai fait l'internat de pharmacie hospitalière à Strasbourg en 2014-2018. Aujourd'hui je gère la PUI (Pharmacie à Usage Intérieur) du CHU sur le secteur oncologie. Concrètement, je supervise la préparation des chimiothérapies à la hotte stérile (1 200 préparations/mois), je participe aux RCP (Réunions de Concertation Pluridisciplinaire) avec les oncologues, je fais de la pharmacie clinique au lit du patient. Salaire : 5 800 €/mois nets en tant que praticien hospitalier échelon 5. Le métier est intellectuellement passionnant — médicaments innovants, biothérapies, thérapies CAR-T, suivi de protocoles d'essais cliniques — et la dimension hospitalière offre une stabilité que je n'aurais pas en officine. Mon conseil aux étudiants : ne sous-estimez pas la pharmacie hospitalière. C'est une voie minoritaire (10 % des pharmaciens) mais infiniment plus stimulante intellectuellement que l'officine pour qui aime la science médicale. »

Caroline, 34 ans — directrice marketing produit chez Sanofi

« J'ai obtenu mon diplôme de pharmacien en 2014, j'ai fait 3 ans en officine pour rembourser mes études, puis j'ai basculé chez Sanofi en 2018 comme chef de produit junior sur un médicament cardiovasculaire. Aujourd'hui à 34 ans, je suis directrice marketing de la franchise diabète France, je gère 4 chefs de produit, un budget marketing de 12 millions d'euros, et je travaille en étroite collaboration avec les autorités de santé (HAS, ANSM). Salaire : 9 500 €/mois nets en fixe + bonus annuel de 25-40 % du fixe selon performance. Voiture de fonction, bureau à La Défense, déplacements internationaux 1 fois par mois (Boston, Singapour, Sao Paulo). Le métier de pharmacien-marketing est passionnant pour qui aime à la fois la science médicale, le business stratégique et l'international. C'est une voie très différente de l'officine, mais ouverte à tous les pharmaciens motivés et qui maîtrisent l'anglais. »

Thomas, 31 ans — co-fondateur d'une start-up HealthTech

« J'ai fait pharmacie à Lyon, puis je me suis senti étouffé par le format classique du métier. En 2022, j'ai cofondé avec un ingénieur informatique une start-up de téléconsultation pharmaceutique : nous avons développé une application qui met en relation les patients avec des pharmaciens pour des conseils personnalisés à distance, particulièrement utile pour les patients chroniques qui prennent plusieurs traitements. Aujourd'hui, notre start-up emploie 23 personnes, nous avons levé 8 millions d'euros en série A, et nous commençons à déployer notre service en Allemagne et en Belgique. Mon salaire actuel est de 3 800 €/mois (modeste — la majorité de mes revenus viendra à la sortie via mes parts dans la société), mais je vis une aventure entrepreneuriale exceptionnelle. Mon parcours montre que le diplôme de pharmacien peut mener à des carrières absolument non-classiques. Le secteur HealthTech français est en pleine croissance — il a besoin de profils avec une double expertise santé + business. »

Conseils pour les futurs candidats pharmaciens

Travailler particulièrement la chimie

La sélection en pharmacie privilégie les profils forts en chimie. Les UE de chimie (générale, organique, analytique) pèsent souvent 15-20 % de la note finale. Un étudiant qui détestait la chimie au lycée aura du mal en pharmacie. À l'inverse, un étudiant passionné par la chimie aura un avantage compétitif.

Choisir sa spécialisation dès la 4ᵉ année

En 4ᵉ année de pharmacie, les étudiants choisissent leur filière de spécialisation : officine, internat (industrie / hôpital / biologie médicale), recherche. Ce choix est structurant pour toute la carrière. Faire des stages d'observation diversifiés en 2ᵉ et 3ᵉ années (officine, industrie, hôpital, recherche) aide à éclairer ce choix.

Penser dès le départ à l'achat d'officine

Si votre projet est de devenir titulaire, commencez à épargner et constituer un apport dès la fin des études. Visez 100 000 à 200 000 € d'apport personnel à 30 ans pour faciliter l'obtention d'un emprunt bancaire. Les pharmaciens qui réussissent leur installation sont souvent ceux qui ont pensé stratégiquement leur trajectoire dès le début.

Ne pas négliger l'anglais

L'anglais est devenu indispensable pour les carrières en industrie pharmaceutique (les Big Pharma sont anglo-saxonnes), pour la recherche, et pour les expatriations. Investir dans son anglais (BULATS, TOEFL) pendant les études est un excellent retour sur investissement.

Êtes-vous fait·e pour devenir pharmacien ?

Avant de vous engager, vérifiez si votre profil correspond.

Avantages et inconvénients

Avantages
  • Diplôme polyvalent : 5 secteurs accessibles
  • Études moins longues que médecine (6 ans vs 9-11)
  • Sélection PASS plus accessible (~7 % vs ~10 % médecine)
  • Bon salaire en titularité d'officine (6 à 10 000 €/mois)
  • Demande forte (déserts pharmaceutiques croissants)
  • Possibilité de carrière internationale (industrie)
  • Métier moins physiquement exigeant que kiné ou dentiste
Inconvénients
  • Salaires d'adjoint salarié modérés (2 800-3 500 €)
  • Achat d'officine très cher (300 000 à 1,5 M€)
  • Beaucoup de chimie et biochimie pendant les études
  • Contraintes administratives lourdes en officine
  • Concurrence des chaînes (parapharmacies, e-commerce)
  • Gardes et permanence des soins en officine
  • Statut moins prestigieux socialement que médecin

Questions fréquentes

Combien d'années d'études pour devenir pharmacien ?

6 ans : 1 an de PASS ou LAS, 5 ans en faculté de pharmacie. Avec internat (industrie, hôpital, biologie médicale), comptez 9 ans.

Quel est le salaire d'un pharmacien ?

2 800 €/mois net en officine adjoint débutant, 6 000 €/mois en titulaire d'officine après 5 ans, 8 000 à 10 000 € après 15 ans. En industrie pharmaceutique : 3 500 €/mois débutant, 6 500 à 9 000 € en cadre.

L'achat d'une officine est-il rentable ?

Oui, généralement. Une officine se vend 1 à 1,2 fois son chiffre d'affaires annuel. La rentabilité moyenne nette pour le titulaire est de 12-18 % du CA. L'investissement se rentabilise en 7 à 12 ans. C'est l'un des meilleurs investissements professionnels libéraux.

Combien de facultés de pharmacie en France ?

24 UFR de pharmacie : Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris (Cité, Saclay), Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Tours, Angers, Besançon.

Doit-on être bon en chimie pour devenir pharmacien ?

Oui. La chimie organique, la chimie analytique, la biochimie occupent une part importante du cursus. Si vous détestez la chimie au lycée, mieux vaut viser une autre filière.

Préparer votre PASS pour viser la pharmacie ?

Mediprep prépare les étudiants en PASS et LAS dans 32 villes universitaires françaises.